Les élus d’origine maghrébine

7 janvier 2009

article de la lettrede la citoyenneté ( http://www.lettredelacitoyennete.org/diversite96.htm ) 

La diversité dans la représentation politique en France

L’association pour une citoyenneté européenne de résidence (ACER 40 rue de Malte 75011 Paris) a réactualisé, après les dernières élections, sa note n°3 intitulée  » Pour une représentation politique à l’image de la société « .

L ’ACER insiste d’abord sur  » l’anomalie démocratique  » que constitue le mode d’élection des sénateurs, les communes de moins de 1500 habitants représentant 22% de la population dési gnent 41% des grands électeurs. En ce qui concerne les femmes, les textes sur la parité améliorent le nombre de candidates mais a un impact limité sur les postes de responsabilité attribués aux  femmes : 16,5 % des têtes de listes dans les communes de plus de 3500 habitants ; 8,5% des maires dans ces mêmes communes ;  13% de conseillères générales ; 21,9% de sénatrices ; 18,4% de députées. Pour les catégories sociales, il y n’y a parmi les élus du Sénat comme de l’Assemblée nationale qu’un seul ouvrier et sept employés.

Pour les personnes d’origine africaine, noire ou blanche, turque ou asiatique, la question n’est jamais posée de façon claire et les réponses sont tout aussi douteuses que les questions. Quand on parle de personnes issues de l’immigration, il ne vient à l’esprit de personne de parler du président de la République et, sans vouloir remonter à la période coloniale, d’un ancien premier ministre, d’un ancien président de l’Assemblée nationale…

Si on parle des parlementaires pourquoi ne parle-t-on que de 3 sénatrices (il y en a 4) et d’une députée (il y a 5 députés) ? Parce qu’ils ne s’appellent pas Mohamed ? Parce qu’ils sont chrétiens ? Parce qu’ils sont de père  » gaulois  » ?  Bien sûr, pour beaucoup, il serait bien difficile de dire qu’ils représentent ou qu’ils sont issus des quartiers populaires. Mais c’est aussi difficile, on l’a vu, de dire que l’ensemble des parlementaires représente la diversité sociale française.

Elus régionaux d’origine maghrébine en 2008 

PS PC UMP Centre Verts Total
Nbre élus 670 182 321 106 159 1695
origine maghrébine 27 8 1 3 2 43
% 4,03 4,4 0,31 1,83 1,26 2,5

Conseillers généraux

Avant les élections de 2008, il y avait 6 conseillers généraux d’origine maghrébine dont 3 du Parti socialiste (PS), élus en 2004 nonrenouvelables.On est passé de 3 à 10 conseillers PS en 2008, et de 6 à 14 sur l’ensemble des 3.825 conseillers généraux en métropole : 10 PS, 3 PC, 1 MRC .   

I have a dream!

3 janvier 2009

En cet année Obama, voici l’un des plus beaux discours politiques qu’il m’ait été donné d’entendre.

Un pur bonheur à écouter jusqu’au bout.

http://www.dailymotion.com/videok2EDIcUL6MVFdjkhtf 

Martin Luther King.

tous différents, tous égaux. Un sloggan à faire vivre

29 décembre 2008

tous différents, tous égaux. Un sloggan à faire (enfin) vivre en 2009.

 tousdifferentstousegauxassoamicale.jpg

Pape Diouf et la diversité

27 décembre 2008

Pape Diouf, président de l’olympique de Marseille, s’est confié papediouf.jpgà Moutapha Kessous pour le journal Le Monde.

Extrait de cet interview inhabituel dans le milieu du football.

En plein débat sur la diversité, quel est votre sentiment ?

Comme joueurs, les Afro-Arabes sont très présents sur les terrains mais, dès qu’il faut mettre en place des équipes dirigeantes, ils disparaissent. C’est profondément choquant ! Je suis une anomalie car, avant moi, il n’y a pas d’exemple. Je suis devenu symbolique, car j’occupe un poste qu’on ne donne pas aux Noirs et aux Arabes. Attention, ce n’est pas un complexe de persécution, simplement l’amer constat de la réalité.
Comment expliquez-vous cette situation ?

Le rejet de la société française ! Voyez-vous des Noirs ou des Arabes, hormis sous forme de saupoudrage, être des ministres d’envergure ? En connaissez-vous qui soient des leaders au sein des partis politiques ? Patrons d’une grande entreprise nationalisée ? Il y en a forcément qui sont en position d’occuper ces postes-là. L’égalité sociale ethnique interviendra le jour où on nommera à des postes importants un Arabe ou un Noir incompétent. Les féministes disaient cela sur l’égalité des sexes. Nous n’en sommes pas là.
Où en sommes-nous, alors ?

On cherche à mieux faire. L’élection d’Obama a été plus qu’un électrochoc. Là où la question de la diversité ne se posait pas, elle commence à l’être, comme en Italie ou en Espagne. En France, la récente nomination d’un « commissaire à la diversité et à l’égalité des chances » part d’un bon sentiment. On va voir ce qu’il va en sortir, même si je ne me fais pas d’illusion.
Estimez-vous que les politiques ne prennent pas assez conscience des problèmes de racisme dans le football ?

Qu’ils arrêtent les gesticulations comme lors de la banderole « anti-ch’tis » ou quand on siffle La Marseillaise. J’aimerais voir ces mêmes gesticulations lorsqu’un joueur noir se fait insulter.

Proposition de loi PS contre les discriminations

26 décembre 2008

La voilà ci-dessous telle que rédigée. Cela reste dans l’ordre du symbolique et ne prend pas du tout en compte le retard que l’on a accumulé. En effet, un quart de siècle après la marche pour l’égalité, la stratégie a toujours été la même: la répression en cas de constat et la confiance à la bonne volonté des décideurs (entrepeneurs, bailleurs …). 25 ans d’inefficacité, et pourtant toujours aussi peu d’imagination, on inscrit de partout le mot égalité des chances et on espère … vainement, rien ne change. Comme a dit Martin Luther King, « on change plus aisément les lois que le coeur des hommes ». 

Comptons sur Yazid Sabeg pour passer d’une politique de répression à une politique d’impulsion.

propositionloilangevin.pdf

M.B.

L’appel des résistants

23 décembre 2008

Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion d’écouter ou lire l’appel de treize résistants de la première heure, voici ci-dessous la vidéo et le texte toujours d’actualité. Une belle leçon de fraternité qui n’est pas inutile en ces temps difficiles.

http://www.dailymotion.com/videok3ZPV55HTfKeOxaIFC

L’appel des Résistants

14 Mars 2004 -- Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

- Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

- Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

- Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
Créer, c’est résister.
Résister, c’est créer.

Signé : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

Rire de tout… Pendant les fêtes

18 décembre 2008

« L’affaire Guillon » a fait couler pas mal d’encre et provoqué beaucoup de polémiques. Jean-Michel Royère, qui avait soulevé le lièvre en s’indignant de la chronique trash de Stéphane Guillon sur France Inter a même créé un site internet dédié (http://coupdegueule.jimdo.com). Et on peut dire que le point de vue défendu qui fait du handicap un thème tabou pour les humoristes (en tout cas sur les ondes) a fait reculer les mêmes humoristes : Guillon, toujours lui, le 6 décembre dernier sur France 4 en direct du Festival de Montreux lançait « France 4, une chaîne sans myopathes » et enfonçait le clou avec « On est quand même mieux sans myopathes ». Dans le genre persiste et signe, Stéphane Guillon emporte la mise le soir du Téléthon.

Pour ceux que ce genre de saillie ne choque pas, ces fêtes seront peut-être l’occasion de se faire offrir « Hara Kiri, les belles images » et de redécouvrir comment le journal bête et méchant adopta une ligne de conduite dont il ne se départira jamais : rire de tout, y compris du handicap. Interdit de publication de nombreuse fois, notamment pour son irrespect à l’État et à la religion, Hara Kiri, créé par Choron et Cavanna, a vu passer dans ses rangs toute une génération d’artistes – Coluche, Gainsbourg, Reiser, Wolinski …- pour qui la liberté de ton devait être totale. Une aventure de presse unique qui ne s’est pas répétée, après la mort d’Hara Kiri en 1985. À se procurer d’urgence pour (re)découvrir comment le thème du handicap était passé à la moulinette (Éditions Hoëbeke, 32€).
Pierre Bardina / andy.fr

L’origine sociale des députés

18 septembre 2008

Employés et ouvriers représentent la moitié de la population active, mais à peine 1 % des députés.

Alors que les employés et les ouvriers représentent plus de la moitié de la population active, seul 1% des députés proviennent de leurs rangs. Et encore, certains élus ont quitté leur profession d’origine depuis de longues années. A l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 59 % de l’ensemble. Avec les professions libérales, ils forment les trois quarts des députés.

Pour se faire élire, il faut d’abord pouvoir mobiliser des moyens importants, notamment financiers. Il est préférable d’appartenir aux réseaux du pouvoir, mais aussi de savoir et d’oser s’exprimer en public, notamment. Toutes ces « compétences » vont souvent de pair avec un bon niveau de diplôme et un niveau de vie suffisant. Il faut aussi pouvoir être candidat, c’est-à-dire y consacrer de longues heures au-delà de son temps de travail. Enfin, il faut assumer le risque d’un « retour sur terre » difficile en cas de non réélection. Dans ce domaine, les catégories les plus avantagées sont les fonctionnaires -- qui peuvent se mettre en disponibilité -- et les indépendants qui peuvent faire gérer leurs affaires par un tiers (par exemple les médecins ou les avocats).

Comme en matière de genre ou d’origine « ethnique », l’inégalité d’accès aux fonctions électives selon le milieu social est manifeste. Comme dirait Coluche, si un petit noir laid pauvre et handicapé se présente . . .

ILLÉGITIMITÉ ET LÉGITIMATION DU PERSONNEL POLITIQUE OUVRIER

28 mars 2008

« Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », l’autogouvernement des membres

d’une groupe sociale. Voilà le principe fondateur de la théorie démocratique ; principe qu’il devient

difficile d’appliquer même impossible d’appliquer lorsque le groupe, le peuple atteint une certaine

dimension. Faire appel à des représentants, que le peuple exerce sa souveraineté par l’intermédiaire de

représentants : voilà la solution !

Mais qui seront ces représentants ? Quels acteurs entrent en compétition pour la conquête du pouvoir ?

Qui sont-ils ? D’où viennent ils ? Combien d’avocats, de fonctionnaires, d’ouvriers et d’agriculteurs ?

Comment ces hommes politiques légitiment leur accès à la parole politique ?

C’est justement l’objet de l’étude menée par Michel Offerlé sur le personnel politique ouvrier avant

1914. Michel Offerlé a choisi d’étudier le personnel politique selon sa trajectoire sociale. Comment

un personnel ouvrier, démuni socialement, et culturellement peut-il revendiquer, peut-il défendre son

droit à la parole politique, son droit d’éligibilité ?

Etude réalisée par des étudiants de science po en 2005 ci-dessous.

lepersonnelouvrier.pdf

histoire et colonies

30 janvier 2008

Le mardi 29 novembre 2005, l’Assemblée nationale française a refusé, après le « non » de la majorité UMP, de modifier la loi du 23 février 2005, pour en supprimer l’article 4 sur le “rôle positif de la présence française outre-mer”. Lundi, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale avait demandé à la majorité à s’associer aux députés PS pour abroger cet article. Jean-Marc Ayrault évoquait alors la “crise d’identité” de la France qui « a le sentiment de ne plus avoir la même histoire » : « C’est une réalité qu’on observe à travers les conflits de mémoire entre communautés ». Le député guadeloupéen Victorin Lurel a d’ailleurs affirmé : « On ne peut pas imposer une version officielle de l’histoire de France ».

Cette loi se place dans la continuité de plusieurs initiatives de la représentation nationale. C’est la loi Gayssot contre le négationnisme qui a ouvert la voie (1990), suivie de la loi Taubira sur l’enseignement de l’esclavage (2001). Pourtant cette loi du 23 février 2005 est d’une nature différente. Elle ne statue pas sur un fait historique avéré (interdisant de le nier ou recommandant de ne plus l’occulter). Elle dit désormais comment l’enseigner. Or, la démocratie n’a pas ce pouvoir de déterminer les contours d’une science, fût-elle une science politique. En la matière, la majorité, représentée par les députés, ne fait pas la vérité. Le savoir historique peut seul rassembler. C’est dans cet esprit que sont pensés les programmes scolaires. La colonisation est vue comme « un phénomène majeur de l’histoire humaine ». Les notions de « résistance », mais également d’ « échange » invitent à une approche équilibré et nuancé de ce qui est vu comme « un phénomène complexe » (programme de première ES). Les programmes ne jugent pas mais donnent à l’élève les moyens intellectuels de se faire son propre jugement, ce qui est le rôle de tout enseignement.

Il est donc parfaitement faux, et inadmissible, de dire à l’instar de Alain Finkielkraut [Les programmes actuels sont globalement satisfaisants même si certaines pratiques doivent être corrigées : la présentation d’une décolonisation de l’Afrique noire « pacifique » qui oublie les émeutes sanglantes au Cameroun (21 septembre 1945) et à Madagascar (mars-avril 1947) ; l’oubli du sort des vieilles colonies et donc de la départementalisation des Antilles en 1946 (ces territoires « périphériques », n’ont droit, du même coup, qu’à une histoire périphérique). L’histoire coloniale des Antilles doit être reliée à la traite négrière, à l’esclavage et aux révoltes qui ont précédé son abolition. Une nouvelle fois, les programmes ne sont pas à blâmer, eux qui prévoient cet enseignement en classe de seconde, sans que cela soit suivi des faits. Suite au rapport du Comité pour la mémoire de l’esclavage remis au Premier ministre le 12 mai 2005, le Bulletin Officiel de l’éducation nationale (n°41 du 10 novembre 2005) précise qu’ « Il convient de souligner auprès de la communauté éducative l’importance de cette dimension de notre mémoire nationale et d’inciter à mieux la prendre en compte dans les enseignements et dans les actions éducatives ». Le ministère de l’Education nationale invite les inspecteurs à « suivre avec attention » la mise en œuvre de cet enseignement, preuve que de nombreux enseignants tardent à appliquer la loi de 2001.

On peut aussi regretter que la date choisie pour les commémorations relatives à l’esclavage soit le 2 décembre, la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, mais qui rappelle en France l’histoire napoléonienne. Ce qui est très malheureux, car Napoléon Ier, sacré empereur des Français ce jour-là a rétabli l’esclavage aboli pendant la révolution. Au delà du devoir de mémoire, le devoir d’histoire consiste, comme le dit Claude Liauzu [ Posté dans Non classé | Aucun commentaire »